La coopérative RCOOP

C’est par hasard qu’elle découvre la coopérative en faisant ses courses. “Ils étaient encore en chantier, j’ai poussé la porte. Marie-Charlotte m’a expliqué le projet et j’ai beaucoup aimé cela.” Trois jours par semaine, elle rejoint désormais le salon de coiffure partagé où elle reçoit ses propres clientes. Une formule qui la soulage de toute la gestion et dans laquelle elle a trouvé un équilibre qui lui convient pleinement. “On est déchargé de la comptabilité et c’est nickel. On dort sur ses deux oreilles.”

La coopérative RCoop a vu le jour en 2018 pour lutter contre le travail au noir dans le quartier Matonge, à Ixelles. Une formule inédite dans le monde de la coiffure et des soins de beauté qui vient de recevoir le Prix de l’Economie sociale en tant qu’entreprise junior bruxelloise.
Coiffeuse indépendante, Hélène Jaczina a tenu pendant vingt ans son propre salon dans le quartier d’Ixelles, à côté de l’Église Saint-Boniface. Mais les travaux de réaménagement de la chaussée d’Ixelles ont eu raison de son commerce. “Il y avait un trou béant à la place du trottoir. Je n’avais plus de clients et j’ai fini par fermer”,raconte-t-elle.

Un soutien mutuel

Hélène apprécie en particulier l’espace d’échange et de partage offert par la coopérative. “On prend les décisions ensemble et si on a un problème, on peut en parler entre collègues, on n’est pas toute seule à devoir le gérer. C’est très important pour moi.”Outre les formations qui permettent aux uns et aux autres de combler certaines lacunes, le coworking offre aussi l’opportunité de se rendre mutuellement service. “On essaie de s’aider. Si on a trop de travail, on peut demander à un(e) collègue de faire une couleur ou une coupe. J’ai demandé à une collègue de faire une perruque pour une cliente qui perd ses cheveux, ce que je suis incapable de faire. Cela s’est super bien passé et ma cliente était ravie”, illustre-t-elle.

Introduire la formule coopérative dans le monde la coiffure “qui est assez individualiste” est une super idée, ajoute-t-elle, même si comme dans tout projet en collectivité, il peut y avoir des “petites brettes” et des désaccords. “Mais même si on est fâché sur l’autre, on peut en parler ; l’important est de rester diplomate et de se respecter.”
Et si RCoop lui a personnellement offert la possibilité d’un nouveau démarrage, “la coopérative peut aussi être un tremplin pour des jeunes qui se lancent”, conclut Hélène.

Texte : Gilles Toussaint, La Libre

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